110. L'avenir du vacherin aux Charbonnières - 1988 -
La chaudière, là où tout (ou presque) se passe...
    On ne nous taxera pas d'optimiste ! Il faut reconnaître que c'était, pour le produit dont nous parlons, le vacherin, une période particulièrement troublée et il n'était pas certain alors que celui-ci pourrait se relever. Et si au final il l'a fait, ce n'est que d'une manière partielle, puisque les anciens tonnages, qui dépassaient allègrement les 1000 tonnes, n'auront plus jamais été atteints, à peine la moitié. 
    Quant à ce bon vieux village des Charbonnières, nos prédictions se sont réalisées en grande partie. Nous étions alors, si nous comptons bien, quatre commerces encore en activité, avec pour l'ensemble de ceux-ci probablement plus de la moitié de la production totale de vacherins Mont-d'Or. Le nombre s'est réduit à 2, et le tonnage n'est guère plus du cinquième du total. 
    Tout passe, tout lasse, dirait l'autre. Ce qui fait qu'un jour viendra où la grande fête du vacherin se fera malgré qu'il n'y aura plus un affineur au village ! Et ce n'est pas là du pessimisme, une simple réalité. Le métier est probablement trop difficile pour survivre ici mieux qu'ailleurs, les changements dans la production laitière sont permanents, et surtout la situation est de beaucoup moins stable qu'elle ne pouvait l'avoir été dans ces années soixante-huitante où l'on allait de l'avant sans penser une seule seconde que la situation pourrait évoluer au point de faire des Charbonnières un village sans vacherins ! 
    Une destin que connurent d'autres localités avec des produits différents. Celui-ci permettait de faire vivre à une part notable de la population, et puis changement de moeurs, restructurations, délocalisations, ce fut un jour le grand désert, une industrie ou un commerce ne figurant plus que dans des études savantes que personne ne lit !