10. Le vacherin Mont-d'Or, un produit tout en or
Paul Candaux à l'affinage dans les années cinquante
    Comme on le dira dans le corps du texte, cette évaluation est tout de même par trop optimiste. C'est nier les difficultés du métier qui, s'il enrichit quelques-uns de ses pratiquants, ne permit à beaucoup d'autres que de juste gagner leur vie, sans plus.
    Ceci dit il est vrai que la période où parut ce papier, vers 1972, était favorable au produit qui se vendait en quantités chaque année plus conséquentes. C'était vraiment l'heure de développer son commerce.
    Gil Burlet, le journaliste qui rédigea cet article pour le Sillon romand, eut la bonne idée de prendre pour guide le gérant de la Centrale du vacherin Mont-d'Or, M. Albert Neuenswander. Celui-ci put, outre l'introduire dans une laiterie et dans un commerce d'affinage, lui proposer ses articles antécédents sur le vacherin Mont-d'Or et  sur lesquels il ne restait plus qu'à broder. Ainsi les travaux de qualité sont toujours appréciés! Nous espérons qu'il en sera de même avec notre matière que nous éparpillons à tous vents. Mieux vaut cela en somme, qu'elle demeure inutilisée au fond de nos tiroirs.
    Début des années septante, époque où le vacherin, de 284 000 kg qu'il se fabriquait en 1938-1939, passa à plus du double, c'est-à-dire allant au-delà du  demi-million de kg.
    Cette progression ne pouvait que conduire les dirigeants de la Centrale, et même certains de ses membres, à l'euphorie. On grossissait, on allait de l'avant. On étendait les marchés à l'étranger mais aussi du côté de la Suisse allemande restée longtemps réticente après guerre et après qu'elle eut pleinement profité du vacherin pour en mettre sur ses tartines! Bref, il y avait des possibilités d'extension qui paraissaient infinies.
     L'avenir nous montrera qu'il peut y avoir un frein à tout
    Mais alors il n'était pas à l'odre du jour de douter.  Il fallait simplement et légitimement se réjouir.