10. La route du Simplon en hiver (Patrie suisse du 19 janvier 1927)
L'hospice du Simplon
    Comme la généralité des passages alpestres, la route du Simplon prend en hiver un caractère très particulier, fort différent de celui qu’elle affecte en été. La différence s’accentue encore depuis que les moyens de transport modernes ont fait durant la sison chaude de cette route une voie de grande circulation, caractère que le percement du tunnel lui avait momentanément enlevé. La vogue des sports d’hiver, enfin, a rendu un regain de vie à toute la région du col pendant la saison froide ; mais en somme, c’est en hiver que le caractère du passage est le moins modifié depuis la construction de la route par Napoléon. En hiver, la circulation des voitures cesse, seuls passent encore les traîneaux, et le danger d’avalanches, plus considérable au Simplon que sur d’autres cols, en dépit des travaux de protection, oblige les voyageurs à beaucoup de prudence. Les seules localités habitées en permanence sont les villages de Bérisal et de Simpeln (Simplon), l’un sur le versant nord, l’autre sur le versant sud, puis l’Hospice construit au sommet du passage, à environ 2000 mètres d’altitude.