10. Au Risoud, ou quand passent les charretiers, texte de S.A., FAVJ du 12 XII 1912.
Au Chalet Brûlé.
    Ce texte non signé, mais que l'on peut attribuer sans aucun doute à Samuel Aubert, parut en premier dans la Revue de Lausanne, pour être repris ensuite par la FAVJ qui le publia dans son numéro du 12 XII 1912.
    Voici quelques propos magnifiques, pleins de la rude poésie hivernale, qui évoquent le pénible  travail des charretiers de Lausanne, d'Oron et de L'Isle venus débarder du côté de la Vallée des bois pris en charge sur le Chalet Brûlé, sur France. Songeons aussi naturellement à leurs chevaux, ces vaillantes bêtes dont le rôle était primordial.
    Là-bas le propriétaire avait fait procéder à une coupe immense. Des milliers de tronc, paraît-il, jonchaient le sol que la neige avait recouverts. Alors c'était l'instant propice pour les tirer sans trop de peine, d'abord en montant sur sol français, puis en descendant sur sol suisse. Les voyages, aller et retour, duraient une demi-journée. On ne pouvait donc qu'en faire deux par jour, si ce n'est même qu'un parfois.  Les voituriers traversaient le Sentier pour joindre la gare. Ce devait être un spectacle de toute beauté dont malheureusement il ne reste aucune image.
    Demeure néanmoins,  fixée  par miracle, ce qui dut être cette prodigieuse coupe sur le Chalet Brûlé. Ce cliché de haute valeur put avoir été fait par Jean Reymond, photographe talentueux du Solliat. Et témoigne aussi du rude travail des charretiers, une autre image dont l'auteur nous est inconnu. Nous supposerons, par facilité, que cela se passe aussi au Risoud dont il nous reste tout à dire.