107. La légende du Val Perdu, un récit de Noël de Julie Meylan, paru dans la Feuille d'Avis de Lausanne du 24 décembre 1930.
De petits personnages pour le moins inquiétants!
    Or, en ce temps-là, les gens du Val Perdu n’étaient ni plus méchants ni plus égoïstes qu’à l’ordinaire. Selon leurs coutumes, ils vaquaient à leurs affaires, allant aux foires pour y vendre, le plus cher possible, leurs belles vaches tachetées. Ils mariaient leurs enfants et dansaient aux noces tandis qu’aux enterrements, ils se restauraient copieusement avec le pain noir et le vieux fromage qu’on est forcé de râper parce qu’il est trop dur. En revenant de la laiterie, le matin, ils n’oubliaient point de passer à l’auberge du Cerf pour avaler la rasade d’eau-de-vie qui délie la langue. Enfin, aux séances de commune, les principaux disaient toujours :    
    - Suivons l’ornière qu’ont tracée les anciens ; demain sera comme aujourd’hui !     
    Mais trop souvent, ils oubliaient de lever les yeux jusqu’au ciel pour y chercher cette étoile qui, autrefois, conduisit les Mages jusqu’au berceau de l’Enfant.