105. Leveurs d'écorce, et autres mystères de la forêt...
C'était dans les années soixante, premières expériences...
    Ces leveurs d'écorce, qui prélevaient la dite sur les longs fûts abattus au printemps, alors que dans toute la forêt la sève est montante, furent de toute ancienneté. Ils la levaient pour un usage dans les tanneries de la région. Elle remplaçait l'écorce de chêne qu'il était plus difficile de faire venir de plaine. On la levait aussi pour en faire des panneaux, ou des tapis, qui serviraient à couvrir des cabanes ou des abris de fortune. Ceux-ci mis en place par nos anciens charbonniers qui devaient surveiller leur meule jour et nuit, sans la perdre de vue une seule minute. 
    Plus tard d'aucuns servirent les écorces, d'épicéa soit de sapin rouge, l'écorce du sapin blanc n'étant propre à aucun usage, et par ailleurs sentant la pisse de chat, afin d'en faire des cabanes. L'une de celle-ci a survécu. Elle est cachée au coeur des pâturages. Votre serviteur en a l'entretien. 
    Lever des écorces sur une belle plante, non pas forcément un art, bien plutôt un vrai plaisir. Tu fais une incision en longueur, 3 mètres pas plus afin que plus tard l'écorce puisse se charrier sans trop de peine. Tu pratiques deux autres incisions circulaire à chaque bout de la longueur ainsi déterminée. Et tu commences à décoller avec un bois. Si l'écorce ne se détache pas, n'insistes pas. C'est que l'arbre est taré, que la sève n'est pas montée et que tu n'arriveras à rien. 
    Ainsi fait-on. Et pour charrier ces écorces, on les roule, cela fait des énormes cigares,  on les mettra sur l'épaule et le tour est joué. Te resteras plus, une fois arrivé sur place, qu'à la dérouler pour la mettre à plat, le rugueux dessus, et bientôt de t'en servir. 
    Dans ce chapitre, pour varier, trois interrogations sur des cabanes vraiment bizarres du Risoud. Avec pour constatation que celui-ci n'aura jamais fini de nous livrer tous ses secrets. Et c'est tant mieux. Qu'il en reste pour ceux qui auront à nous suivre!