103. Les scieurs.
Des scieries alors en pleine activité.
    Scieurs. Employés ou patrons. Eux tous sont là, dans ces grandes scieries inchauffables l'hiver où alors il faut mettre deux couches de vêtements pour ne pas grelotter de froid. 
    On entend la multiple. On charrie des poutres, des planches, que l'on va empiler à proximité immédiate des bâtiments. pour un séchage de un à deux ans, ou plus, ou moins, selon la demande et les exigences du patron. Ces gros tas de planches, à vrai dire, caractérisent eux aussi cette activité du bois. Ils disparaîtront un jour les uns après les autres. En même temps que les scieries. 
    Et l'on en arrivera ainsi un jour à cette situation étrange où, placé pourtant au coeur de forêts multiples, l'on ne trouvera plus un seul bout de planche à acheter à la Vallée. Pour un simple liteau, une modeste lambourde, il faudra descendre en plaine. Et ce qu'on achètera, alors que les forêts du pays seront devenues obèses, ainsi que l'on dit, viendra du nord! 
    Quelle activité quand même dans toutes ces scieries. On y débite des bois en quantités invraisemblables. Et l'on sent le bois, la résine, la sciure. Et c'est là à n'en pas douter une profession noble. On sent le bois même quand l'on rentre à la maison. On en a cure. Cela fait partie de la vie quotidienne destinée, qu'on croit, à durer toujours. C'est sans compter avec l'évolution! 
    Scieries des temps passés, on peut bien le dire. Il n'en reste plus qu'une à l'heure actuelle, située sur les bords de la Lyonne, qui en a tant vu, des troncs, entassés les uns sur les autres, des planches, en piles si hautes que l'on craint que le prochain coup de vent ne les emporte. 
    C'était là tout un monde que l'on tente aujourd'hui de reconstituer.