100. Les bûcherons.
Bûcherons bergamasques sur la Muratte. L = Locatelli Sérafino, de Brembilla.
    Ils cognent, scient et abattent depuis les débuts de la colonisation. Ils le faisaient, au début, pour détruire la forêt et faire des pâturages. Puis, au fur et à mesure que la population se développait et que la forêt diminuait de surface, il fallut modérer ses appétits, sous peine que la forêt disparaisse et ne nous laisse plus possibilité de vivre. Car du bois, il en fallait pour tous usages. Pour chauffer, pour construire, pour fabriquer des articles de boissellerie, pour réparer les ponts, pour faire des barrières, pour en faire du charbon de bois, pour préparer du verre, pour les bâtiments de LL.EE.... Il en fallait, en fait, pour tout. Sans bois, pas de vie possible. 
    Raisons pour lesquelles il fallut réglementer tout ça. Ce ne fut pas facile. 
    Des bûcherons dans toutes nos forêts. On les entendait depuis le village. Et puis ils rentraient le soir, exténués. C'est que le bois, il ne se fait pas tout seul. Au contraire, il en réclame, de l'huile de coude. Plus qu'il ne faut. Car vous avez vu ces chottes qu'il faut réduire en plots et en branches quand elles sont si énormes qu'elles effraient. Des branches grosses comme l'avant-bras. Plus même parfois, comme votre propre torse, des branches grosses comme des troncs. Couper, scier, ébrancher, écorcer, bref, voilà le boulot en forêt. Ca fatigue. Heureusement, il y a ces bonnes odeurs d'écorce, de sève, de mousse. Et tout ça, en quelque sorte, ça compense un peu. Et puis on est en pleine nature, l'air est bon. Et la forêt, on l'aime! 
    C'est pour ça qu'on est bûcheron!