93. Rencontre avec des sangliers
Le soussigné leva lui aussi quelques sangles. Sa photo figura de multiples fois, et sans qu'on lui ait rien demandé, dans différentes publications publicitaires en rapport avec le vacherin.
    Voici un article qui tombe du ciel, sans référence, sans date. On peut néanmoins le situer vers 2000.
    Il permet, chose qui n'est pas coutume, de rentrer dans le quotidien des  sangliers, soit des leveurs de sangles, en terme d'autrefois.
    Ceux-ci, parmi l'immensité des forêts du Jura, suivant les bûcherons, ont un métier qui permet certes de gagner honorablement sa vie, et peut-être qui le sait, pour les plus habiles, plus qu'honorablement, mais qui n'en reste pas moins rude et pénible. La sève, par exemple quand c'est l'époque où elle monte, apparue comme de l'eau alors qu'elle gicle, tôt devient collante et adhère à tout, aux habits comme aux outils.
    Il y a aussi les intempéries. Se positionner auprès d'un tronc détrempé n'est jamais chose agréable. Pas plus qu'alors le sont ces grandes herbes ou ces fougères qui vous fouettent les jambes et détrempent votre pantalon jusqu'à l'aine.
    Bref, voilà un métier à ne pas réserver à des "mouillettes" dont le confort est le critère principal d'une profession. Il faut savoir s'humidifier à l'occasion, s'éreinter  de toutes manières! 
    Mais le métier étant indispensable pour fournir en sangles des entreprises innombrables, il convient non seulement de s'y livrer, mais aussi de le faire perdurer.