61. Entreprise Jules-Louis Rochat, spécialisée dans la production des fournitures pour boîtes à vacherin.
Raymond Rochat (bonnet) surveille la varlope mécanique qu'il a conçue pour débiter les pliures. L'employé est Isidore Cappi.
    La boîte à vacherin constitue à elle toute seule un véritable univers que l'on découvrira petit à petit dans différents chapitres.
    Pour l'heure nous nous attarderons sur l'une des entreprises qui fabriqua longtemps des fournitures pour la confection de cet article. On parle ici d'un million de boîtes, ce qui aurait fait, tenant compte d'une saison de quelque 5 mois,  une production journalière de plus de 6000 boîtes, celle-ci constituant à n'en pas douter un travail monstre,  mené pour les employés de la scierie de la première heure de la journée à la toute dernière.
    Odeur de sciure et de bois, de résine, de la graisse des machines, et de la transpiration des hommes. Odeur saine d'une scierie, quoi. Et bruits familiers de celle-ci alors que vous entendez la multiple déligner les plots, ou la scie à chantourner miauler sa chanson de métal, derrière laquelle s'active depuis des années Mme Edith Rochat-Buffet, le dimanche organiste à l'église du village.
    La scierie était un monde familier. Toujours fascinant. Ici l'on travaillait le bois. On s'y rendait parfois pour remplir des sacs de sciure. Celle-ci se trouvait par quantité énorme dans les sous-sols qui étaient une véritable caverne avec coins et recoins, et toujours cette odeur formidable de bois, que doublait peut-être ici une pointe d'humidité, vu la disposition des locaux.
    Le scieur livrait lui-même les fournitures au domicile des monteurs. Le tout, fonds, couvercles, pliures pour la boîte, pliures pour le couvercle, était solidement attaché par des ficelles. Alors presque tous les monteurs de boîtes se trouvaient au village. Ce qui fait que l'on entendait clouer ou agrapher dans bien des maisons, ambiance garantie que nous retrouverons au prochain chapitre.