4. Les regains au Solliat, par les Aubert, Samuel et Daniel, père et fils.
Délicieux tableau champêtre croqué par Devicque en 1852: Le Solliat.
     Parmi nos vacances scolaires, celles d'automne ont laissé  le plus de souvenirs et les plus beaux, non pas à cause de leur durée – 4 semaines dans les classes primaires, deux seulement au collège – mais en raison du fait que pendant plus d’un mois le territoire du Solliat devenait un vaste pâturage où les enfants jouissaient des mêmes libertés que les vaches.   
    
En effet, les paysans du village avaient l’habitude de « mêler », c’est-à-dire de laisser paître librement leur bétail, retenu par des jeunes bergers à chaque extrémité du vallon et du côté de la Golisse.
  
    
Il fallait évidemment protéger les plantages qu’on appelait jardins de choux, et comme on ne connaissait pas encore le fil de fer barbelé, et moins encore la clôture électrique, on le faisait en construisant de monumentales palissades de pieux et de couennaux.
  
    
La liberté du bétail exigeait de laborieux préparatifs afin d’éviter que certains fauchent leur regain et pâturent ensuite celui des autres. C’et pourquoi, juste avant le grande jour, le comité de la Société des regains visitait chaque parcelle, estimait la valeur de son regain, notait son tendue, puis établissait le compte de chaque membre en fonction de l’effectif de son troupeau. Ce devait être très compliqué.