25. Promenade au Noirmont VII - Dernier regard sur le versant nord du Noirmont et sur le Petit Sapeau -.
Le Petit Sapeau, si beau, si beau...
    Une clairière rectangulaire avec à mi-distance des deux extrémités le chalet, le Petit Sapeaux, bâtisse au toit à quatre pans qui nous surprend par son extrême beauté. Juste l'emplacement pour le fumier gêne-t-il le coup d'oeil suivant l'endroit d'où vous l'admirez.
    Sa porte d'écurie ne ferme jamais, pour la simple raison qu'il n'y a plus de porte! Refuge pour les skieurs en perdition, ou les promeneurs qui ressortent du Noirmont tout esquintés! On viendra les chercher en traîneau ou en voiture. L'on n'est guère finalement ici à plus de trois kilomètres des Villedieu à vol d'oiseau.  
    Chalet extraordinaire, par sa simplicité, par sa forme, par son toit rouillé, par sa superbe charpente. C'est du solide, fait pour durer mille ans pour le moins!
    Témoignage aussi d'une haute épopée alpestre, quand ici l'on fromageait, et qu'à l'automne, avec le char à échelle bourré de paille, on redescendait les fromages au village. Il fallait probablement plusieurs voyages.
    Nos n'avons pas vu, hélas, la chaudière, et sur le vieux toit la cheminée ne fume plus. Qu'importe, c'est l'automne, personne ne nous dérange, et surtout le soleil est de la partie et il fait une température idéale pour arquer sur ces grands pâturages.
    Et puis voilà, un dernier regard sur le vieux chalet si sympathique et sur le vallon de Mouthe par l'écancrure qu'il y a dans le bas de la clairière, et c'est à nouveau en plein la forêt du Noirmont que l'on doit traverser pour retrouver sa voiture à proximité du Chalet de Derrière-les-Crêts.
   C'était, n'empêche, une promenade certes pénible, mais si extraordinaire qu'elle nous laissera un fort souvenir jusqu'à notre dernier jour!    
    Et il n'est pas impossible qu'on la refasse une fois ou l'autre, tant, quelque part, elle fut extraordinaire.