1900. Un village brûle. Les Charbonnières, dans la nuit du 10 au 11 septembre
Le village des Charbonnières après l'incendie du 10 au 11 septembre 1900
    Dans la nuit du 10 au 11 septembre 1900, le haut du village des Charbonnières brûle. C'est un incendie d'une ampleur inaccoutumée, puisque tout le voisinage constituant cette partie de l'agglomération disparaît dans les flammes, soit 15 maisons, des dizaines de personnes à la rue.
    Mais plus que les dégâts matériels, c'est l'aspect architectural du village qui en prend un coup. Certes on reconstruira et sur un plan sensiblement identique. Il y a cependant que les techniques nouvelles de construction ne donnent plus aucune chance à la constitution ancienne des maisons, avec l'élément le plus caractéristique, le néveau que l'on trouve d'ordinaire au levant.
    Méthode moderne, béton et compagnie. C'est certes naturel, on ne va pas remettre en place les grosses cheminées qui apportent du froid à l'intérieur même des maisons et ne donnent qu'une lumière parcimonieuse aux cuisines borgnes. Néanmoins l'aspect pittoresque en souffre.
    Le vieux village heureusement aura été photographié maintes fois, autant par Auguste Reymond que par ces photographes itinérants qui vous proposent ensuite à l'achat leurs clichés collés sur carton. C'est ici avant même la carte postale.
   Chose admirable, les archives du village devaient se promener quelque part par là, dans l'une ou l'autre de ces maisons. Elles ont subsisté.
    Le feu avait pris dans la deuxième maison, partant de vent. Chez les Lolet. Dans cette très vieille bâtisse, l'on y fabriquait des boîtes à vacherin. Une lampe à pétrole était tombée dans la sciure et les déchets de bois. On avait éteint ce foyer naissant. Hélas, pas suffisamment, tant et si bien que la nuit les braises oubliées boutèrent à nouveau le feu aux déchets de bois qui tôt allaient embraser la maison entière, puis bientôt tout le haut du village.
    On ne sut les causes réelles de cet incendie qu'au décès de cette vieille dame qui avoua l'incident sur son lit de mort peu de temps après le sinistre. Mme  Lolet - naturellement un surnom tandis qu'elle portait simplement le nom de Rochat! -, la mère d'une nombreuse famille, sauf erreur de onze enfants, devait être la première à être ensevelie dans le nouveau cimetière des Charbonnières. Sa tombe a depuis longtemps disparu.
    Le nouveau village des Charbonnières fut en partie reconstruit par les entrepreneurs Poget et Fantoli, ce dernier bientôt à la tête d'une entreprise de construction renommée oeuvrant sur tout le territoire de la Vallée.