172. Quelles merveilleuses promenades pouvait-on faire du côté des Pléiade à la fin des années quarante...
Une couverture qui en dit long.
    En ces hauts magnifiques de Vevey, alors que la construction galopante n'avait pas encore saccagé tous ces beaux terrains agricoles qui nourrissaient l'humanité, on pouvait découvrir au joli mois de mai des narcisses par millions. Ces fleurs d'une aristocratie sublime inondaient tellement les prairies que l'on pouvait tout de même se demander si elles n'étaient pas une gêne pour l'agriculteur. On peut croire que non, puisqu'on les a supportées pendant des siècles. 
    Les narcisses, par champs entiers. C'était devenu un but touristique. On venait les cueillir, et de loin parfois. On en faisait même grand sacage, ainsi qu'il en est toujours quand l'homme peut se servir à profusion. Il y avait même la fête de la narcisse dans les bas, au bord du Léman. Des photos nombreuses témoignent de l'engouement carrément mythique et mystique vis-à-vis de cette belle fleur. Et elle sent si bon. Et son doux parfum vous rappelle des enfances perdues, quand on allait nous aussi aux narcisses, scrutant les rares coins qu'il y avait à la Vallée pour en prendre une ou deux, quatre ou cinq à la rigueur, mais pas plus, car ici elles y étaient rares. Tandis que là-bas, c'était donc par millions. 
    Mais que son devenus aujourd'hui ces beaux champs de narcisses ? N'existent-ils plus, disparus sous la pression impitoyable de l'immobilier ?  On craint bien que oui. La civilisation actuelle est un rouleau compresseur qui ne regarde à rien. On fonce. On ne se retourne pas. Et que peuvent-être des fleurs comparées à des villas, et des villas parfois de plusieurs millions. Mais où vont-ils chercher l'argent, ceux-là qui construisent à grands frais. Ont-ils une planche à billet dans leur cave ? 
    Quoiqu'il en soit, nous vous proposons aujourd'hui de retourner dans le temps et de découvrir avec nous deux charmants petits fascicules qui font la promotion de l'endroit. Ce sont-là des publication pleines de charme. Nous souhaitons qu'elles vous fasse plaisir, afin que vous constatiez avec nous que les propos que nous avons posés ci-dessus, ne sont que le reflet de l'exacte réalité.