16. Mi-été de la Taveyanne de 1904 pour Gaspard Valette, auteur genevois (1865-1911).
Ces dames sont d'une élégance rare. Mais après tout, n'est-on pas là pour montrer ses jolis atours quand on est d'une certaine classe ?
                                            Ainsi nous de Gryon                                             Dansons à Taveyanne                                             Comme ceux de Lausanne                                             Dansent à Montbenon                                             Ainsi nous de Gryon.     

 
    C’est en répétant cette chanson de notre poète Juste Olivier que nous avons dimanche dernier, fêté la mi-été de Taveyanne. Nous nous rappelions avec une mélancolique émotion avoir entendu jadis, dans les dernières années de sa vie agitée d’efforts et traversée de déboires, le vieux poète retrouvé sous la couronne de ses cheveux blancs, parmi ces montagnards qui seuls l’admiraient et l’aimaient comme il était digne d’être admiré et aimé, avec assez d’entrain et de gaîté pour chanter d’une voix un peu cassée par l’âge, les couplets de cette poétique et touchante chanson de la montagne.
  
   
Et depuis lors, chaque année, gardant pieusement le souvenir du poète, nous redisons le chant de la mi-été, et belle est la parfaite harmonie du chant, des paroles et du cadre grandiose de la nature où nous les chantons, que le simple touriste, le badaud venu par hasard pour voir en passant cette fête du pâturage dont l’ont souvent entretenu les journaux, se laisse malgré lui gagner par notre émotion.