154. Ce sera au début de l'hiver - ou la rencontre du ski et des chalets -
Le nostalgique vallons des Prés de l'Haut
    Ici l’air est plus léger, la lumière plus vive. Tu n’y connais plus le temps. La faim est faible, la soif passagère. Seuls comptent tes mouvements. Et à chacun que tu fais, tu te rapproches de ton but. Tu  vis. Mais ce que tu ressens va au-delà de l’ordinaire. C’est cette joie profonde de sentir que son corps fonctionne, que le cœur est bon, c’est cette ivresse proprement merveilleuse de découvrir l’harmonie parfaite de ce paysage immuable de forêts et de pâturages, avec un chalet parfois au haut d’un crêt, sa large cheminée et son grand toit. On fait ici en vérité réserve de vie. On s’en gorge pour plus tard, quand l’on sera rentré et que ce soufflé de bonheur se sera effondré sur lui-même. Mais jamais pitoyable.