103. La fin d'une époque.
Un environnement exceptionnel pour un commerce de vacherin.
    Il en rajoutait. Il en était maintenant à me parler des origines du vacherin. Et c’était un peu comme s’il avait connu personnellement le premier qui, dans un des chalets de notre région, avait eu l’idée de faire un petit fromage, sur le tard, presque à l’automne, quand la production du lait se fait plus faible, qu’il aurait cerclé d’une sangle et qu’il aurait enfin appelé vacherin. Il était si sûr de ses propos qu’un néophyte n’aurait pu que le croire. Et penser qu’il tenait là l’un de ces témoins fameux dont la parole vaut de l’or.  
  
- Tu crois, que je lui disais simplement.
   
  
Quel intérêt avais-je à le vexer ? Ses propos, dans tous les cas, n’étaient pas dénués d’intérêt et me permettaient, mis à part ses « inventions » historiques, de me recréer l’ambiance passée de ce commerce de fromage.
  
 
- Il nous donnait parfois les plus crouilles, qu’il précisait encore, le grand Raymond. On partait avec une boîte sous le bras, et quand on arrivait à la maison, il n’y avait plus rien dedans !
  
 
Des histoires du genre, des comme on n’en raconte plus au bistrot, maintenant qu’ici l’affinage a disparu et que les derniers de ces ouvriers affineurs se comptent désormais  sur les doigts d’une seule main.